Tout ce qui porte une page vient des quatre documents du Moodle, lus pour ces notes. Les passages marqués hors recueil sont de la connaissance générale, utile pour relier les idées mais à ne pas attribuer au professeur. Avant l'examen, vérifiez les citations dans votre recueil : elles ont été recopiées à partir de scans.
Le cours place la balance des paiements dans la séance sur le mercantilisme et le nationalisme économique (EPI-02). Le lien est direct. Pour les mercantilistes, « la richesse d'une nation se mesure d'abord par ses réserves en or et en argent » (Norel, p. 278), et un pays sans mines ne peut en accumuler qu'en exportant plus qu'il n'importe (Deyon, p. 88). La balance commerciale devient le symbole du succès ; Thomas Mun (1630) y ajoute le fret, l'assurance et les profits des marchands, et introduit ainsi « pratiquement, la définition moderne de la balance courante » (Norel, p. 279). La balance des paiements moderne est l'héritière comptable de cette obsession, et les débats sur les excédents et les déficits (Chine, Allemagne, États-Unis) en sont l'écho.
Trois questions d'économie politique se cachent derrière les chiffres :
La définition de Statistique Canada sert de point de départ dans une réponse :
Un critère décide de ce qui entre dans la balance : la résidence, pas la nationalité ni la frontière. Une vente entre un résident et un non-résident compte, même si le bien ne traverse pas la frontière, car on enregistre « le changement de propriété » (p. 113).
| Compte | Ce qu'il contient (Statistique Canada, 2005) | Nom actuel hors recueil |
|---|---|---|
| Compte courant | Biens : évalués à la frontière du pays exportateur (p. 113) | Biens |
| Services : voyages, transports, services commerciaux, services gouvernementaux (p. 114) | Services | |
| Revenus de placements : intérêts, dividendes, bénéfices réinvestis (p. 116) | Revenus primaires | |
| Transferts courants : opérations « sans contrepartie » : dons, aide, pensions (p. 116) | Revenus secondaires | |
| Compte capital et financier | Compte capital : transferts de capital (avoirs des migrants, remises de dette, successions) et actifs intangibles (brevets, achalandage) (p. 117) | Compte de capital |
| Compte financier : investissements directs, de portefeuille et autres, y compris les réserves officielles (p. 117-118) | Compte financier | |
| Divergence statistique | Les opérations « qui n'ont pas été saisies ou qui n'ont pas été bien mesurées » (p. 119) | Erreurs et omissions nettes |
Les documents de Statistique Canada datent de 2005 et suivent l'ancien manuel du FMI. Le document de la Banque du Japon emploie déjà les termes actuels (primary income, secondary income). Dans une réponse, citez chaque document avec ses propres mots et signalez l'équivalence.
Le document de la Banque du Japon explique la règle en une phrase :
| Crédit (+) | Débit (−) |
|---|---|
| exportations de biens et services revenus reçus, transferts reçus diminution des actifs financiers augmentation des passifs | importations de biens et services revenus versés, transferts versés augmentation des actifs financiers diminution des passifs |
Pour s'en souvenir : est un crédit tout ce qui fait entrer des devises dans le pays. Acheter une action étrangère revient à « importer » un titre : c'est un débit, comme une importation de voitures.
| Compte | Crédit | Débit | Solde |
|---|
Cliquez sur une opération.
Avec les quatre opérations, le compte courant affiche +70 (80 d'exportations moins 10 de dividendes) et le compte financier +70 : le Japon a acquis 170 d'actifs nets et contracté 100 de dettes. Le document l'écrit ainsi :
Statistique Canada note « + » toute entrée de capitaux, si bien que la somme du compte courant et du compte capital et financier donne zéro (p. 112). La Banque du Japon note « + » une acquisition nette d'actifs (« net lending »), d'où le signe « − » devant le compte financier dans son identité (p. 44). Les deux disent la même chose. Dans une réponse, précisez la convention que vous suivez.
Puisque chaque opération est écrite deux fois, la somme de tous les comptes est nulle. Statistique Canada le dit sans détour :
En pratique, les données viennent de sources multiples et ne concordent jamais : la divergence statistique (ou « erreurs et omissions ») comble l'écart. La Banque du Japon donne deux raisons : le crédit et le débit d'une même opération ne sont pas toujours saisis dans la même période, et les méthodes d'évaluation diffèrent d'une source à l'autre (p. 44).
Le solde courant garde pourtant un sens économique. C'est la phrase la plus utile du document pour une question d'économie politique :
D'où le débat. Pour le mercantiliste, l'excédent est une victoire et le déficit une défaite : « accroître la richesse de son pays, c'est en retirer à un autre » (Norel, p. 276). hors recueil Pour le libéral, un déficit courant n'est ni bon ni mauvais en soi : un pays jeune, riche en ressources et qui investit beaucoup (le Canada du XIXe siècle, les États-Unis d'avant 1914) peut emprunter longtemps, s'il investit les ressources reçues de façon productive. Ce qui inquiète, c'est un déficit qui finance de la consommation, ou une dette qui devient impossible à refinancer.
La balance des paiements est un film (ce qui se passe pendant l'année), le bilan une photographie (ce qu'on possède et doit au 31 décembre). Le document relie les deux en quatre étapes (p. 65) :
La conclusion sur le Canada est la phrase à retenir :
Un détail technique peut servir de nuance : le Canada évalue ses investissements à la valeur comptable (« principe du débiteur »), ce qui « n'est pas conforme aux normes internationales », qui demandent la valeur au marché (p. 64). hors recueil Le travail pratique demande de commenter l'évolution de cette position depuis 2010 : le Canada est devenu créancier net vers le milieu des années 2010, à vérifier dans le tableau 36-10-0485 de Statistique Canada.
Pourquoi ces distinctions comptent en économie politique : l'investissement direct crée une relation durable de pouvoir sur des entreprises nationales, alors que le portefeuille est mobile et peut fuir vite. hors recueil C'est la différence entre la crainte d'une économie de « succursales » (le débat canadien des années 1960-1970, la FIRA de 1973) et la crainte d'une crise financière par fuite des capitaux (Asie, 1997).
Le texte de Fabrice Hatem (Problèmes économiques, 2004, p. 41-44) ne parle pas de la balance des paiements. Il fait le point sur les indices composites qui classent les pays selon leur compétitivité ou leur attractivité pour l'investissement étranger : l'IMD, le Forum économique mondial, l'IDH de l'ONU, la Heritage Foundation et Forbes, la Cnuced, la Banque mondiale. Le lien avec ce chapitre passe par l'investissement direct, que ces indices prétendent expliquer.
Sa thèse : ces indices ont des « faiblesses méthodologiques qui limitent fortement leur utilité concrète » (p. 43). Quatre critiques (p. 44) :
Le tableau 1 (p. 42) le montre : selon l'indice, la France est classée du 10e au 62e rang. Dans une réponse, Hatem sert à nuancer toute explication des déficits par un manque de « compétitivité » : le mot cache des choix politiques.
Mettez un repère à ces pages avant l'examen. Elles couvrent une question sur la balance des paiements de bout en bout.
| Pour dire… | Document, page |
|---|---|
| l'origine mercantiliste : la richesse en or, Mun et la balance courante | Norel, p. 278-279 ; Deyon, p. 88 |
| l'excédent se détruit lui-même (Smith) | Norel, p. 282 |
| la définition de la balance et ses deux comptes | Statistique Canada, p. 112 |
| le sens d'un déficit : « les ressources du reste du monde » | Statistique Canada, p. 112 |
| la somme des comptes donne zéro ; la divergence statistique | Statistique Canada, p. 112 et 119 |
| le principe du changement de propriété | Statistique Canada, p. 113 |
| la partie double, crédits et débits ; les quatre exemples | Banque du Japon, p. 43 |
| l'identité et le « net lending » | Banque du Japon, p. 44 |
| le bilan comme stock ; la position nette | Statistique Canada (bilan), p. 63 |
| l'accumulation des soldes courants = la position nette | Statistique Canada (bilan), p. 65 |
| « Le Canada a été et est encore un débiteur net » | Statistique Canada (bilan), p. 66 |
| le seuil de 10 % ; le contrôle | Statistique Canada (bilan), p. 66-67 |
| les indices de compétitivité et leurs biais | Hatem, p. 42 et 44 |
Le plan de réponse complet est dans la salle d'examen.